
- Photo : Andrea Piacquadio
Le syndrome de l’imposteur est une notion dont nous entendons beaucoup parler ces dernières années. Il est examiné sous toutes les coutures. Vous connaissez ? Il s’agit de cette peur de ne pas être à la hauteur. Cela peut être pour l’écriture de votre livre ou de votre guide pratique par exemple. Vous ne vous sentez pas légitime de le faire ? Alors, vous êtes possiblement touché par le syndrome d’imposture. Mais, à y regarder de plus près, le manque de légitimité ressenti cache sans doute autre chose. Un manque de légitimité ou de compétences ? Il convient de s’en assurer avant de continuer un projet écrit. Pourquoi se questionner ? Parce que selon ce qu’il cache, on ne se débarrasse pas de ce sentiment d’imposture de la même manière.
Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Généralité sur le sentiment d’imposture
Contrairement aux apparences, le syndrome de l’imposteur n’est pas un terme médical. C’est une notion de psychologie. Encore une fois, contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’une nouveauté malgré sa popularité ces dernières années dans les médias, sur le web et les réseaux sociaux.
L’impression d’imposture repose sur le fait de croire que nous sommes un mensonge.
C’est la peur de ne pas être à sa place, de ne pas être légitime. On a peur de passer pour un mythomane et de se faire démasquer. Comme si, soudainement, quelqu’un viendrait nous crier : « Ah ! mais vous n’avez rien à faire ici ! »
Deux psychologues américaines (Pauline Rose Clance et Suzanne Ament Imes) ont analysé ce syndrome de l’imposteur en 1978 chez des étudiantes. Ces dernières ressentaient la peur de ne pas être suffisamment compétentes pour réussir leurs études. Il était question d’un sentiment d’illégitimité souvent associé à une perception d’imposture de classe sociale.
Même Michelle Obama a ressenti ce syndrome de l’imposteur ! Elle se demandait : « Suis-je assez bonne pour avoir tout cela ? »
Le syndrome de l’imposteur concerne autant les autodidactes que les titulaires de diplômes prestigieux.
Dans les deux cas, cette impression de ne pas être à sa place empêche d’avancer dans un environnement dans lequel nous avons le droit et la compétence de nous trouver.
Manifestations du syndrome de l’imposteur chez les auteur.rice.s
Comment ce syndrome de l’imposteur se manifeste pour l’écriture d’un livre ? Typiquement, c’est le fait de se dire :
- Qui suis-je pour écrire un livre sur le sujet ?
- De quel droit je peux donner des conseils sur [insérer ici votre thématique] ?
- Je ne vais jamais y arriver !
- Je ne sais pas écrire…
- Je ne suis pas auteur ou autrice.
On a alors tendance à minimiser ses connaissances malgré notre réelle expertise. On se dévalorise. On stresse. On se cache. On n’avance pas. Bref, un cercle vicieux.

Légitimité ou estime de soi ?
Le manque de légitimité qui empêche d’avancer
On se sent illégitime quand on croit ne pas être à notre place.
Si vous souhaitez écrire un livre et que vous pensez ne pas être légitime pour le faire (alors même que vous en avez les compétences), cela vous empêche de passer à l’action. Votre guide pratique reste à l’état d’objectif non atteignable.
Si vous avez les compétences, la pratique, l’expertise ou la démarche adéquate pour écrire un livre ou un guide pratique, alors la légitimité est là. Et il n’y a pas à se poser de questions.
Dans ce cas, le manque de légitimité apparent masque peut-être un autre problème.
Le manque d’estime de soi qui nous freine
L’estime de soi, c’est l’évaluation que l’on a de sa propre valeur. Si nous avons une faible estime de nous-mêmes dans un domaine spécifique, c’est là que nous ne nous sentons pas légitimes, que nous doutons.
L’estime de soi repose sur trois piliers :
- L’amour de soi : cohérence entre nos besoins et nos valeurs
- L’image de soi : manière dont on se juge ou on se voit
- La confiance en soi : capacité à croire en ce que l’on peut réaliser
Par exemple, écrire un livre peut sembler inatteignable de votre point de vue du jour. Pourtant, c’est possible avec de la méthode, de la confiance en vos capacités.
Syndrome de l’imposteur : un ami qui nous veut du bien
Écoutez les doutes
D’une certaine manière, le syndrome de l’imposteur nous pousse à nous interroger sur nos connaissances, nos compétences et sur la manière de les partager dans nos écrits.
Je pense que si le syndrome de l’imposteur nous empêche d’agir, il est aussi un allié pour nous positionner dans notre expertise.
Passez un peu de temps à essayer de comprendre ce que le sentiment d’imposture vous dit est bénéfique pour l’écriture de votre livre ou de votre guide pratique.
S’il vous chuchote que vous n’êtes pas légitime, interrogez-vous sur votre niveau de compétence. Peut-être que vous êtes expert.e de votre domaine, mais peut-être aussi qu’il y a une portion du sujet que vous maitrisez moins.
S’il vous dit que certaines personnes sont meilleures que vous, listez les compétences qui vous différencient de vos concurrents.
S’il veut vous signifier que vous manquez de connaissances, évaluez-vous avec honnêteté et formez-vous si besoin.
Soyez honnête
Qu’importe votre activité, soyez honnête avec les autres et avec vous-même. Rien ne sert d’essayer de masquer un manque de compétences derrière une trop grande assurance. Le risque est de vous décrédibiliser.
Si vous souhaitez partager vos connaissances dans un livre pratique, il convient d’être transparent.e sur vos intentions, sur votre niveau et sur l’objectif que vous visez avec le contenu de votre guide.
Avec votre livre, vous ne vous adresserez pas aux mêmes lecteurs en fonction de votre expertise et de votre expérience. Par exemple, dans le cas de conseils sportifs, votre public cible ne sera pas le même selon votre niveau (intermédiaire ou olympique)
Un autre exemple. Dans « Les Coulisses Du Livre » je m’adresse aux futurs auteurs débutants et pas aux écrivains fantômes en contrat avec de grandes maisons d’édition pour la biographie de personnes célèbres. Je ne serai pas légitime pour les conseiller sur leur pratique.

Observez les vrais imposteurs, (celles et ceux sans syndrome)
Il faut aussi faire la différence entre un syndrome de l’imposteur et un véritable usurpateur.
Tout le monde connait quelqu’un qui se fait passer pour celui qu’il n’est pas. Malheureusement, le web et les réseaux sociaux rendent aussi visibles celles et ceux qui n’ont pas de réelles compétences. C’est dommage et cela peut être dangereux pour ce qui concerne les pseudo-coachs en santé ou en finance par exemple.
Faites attention à ne pas être cette personne. Je ne sais pas si cette attitude tient sur le long terme.
Encore une fois, si vous êtes sincère dans votre démarche, vous n’êtes pas un usurpateur ou une usurpatrice, mais vous manquez juste un peu de confiance en vous.
Dépasser le sentiment d’imposture pour avancer
Maintenant que vous savez que vous n’êtes pas un.e usurpateur.rice et que vous êtes touché.e par le syndrome de l’imposteur vrai, que faire ?
Arrêter de se comparer
Se comparer aux autres et se dénigrer parce qu’ils ont mieux fait n’est pas profitable. Ce n’est pas en observant la réussite des autres que l’on se rend compte du chemin qu’ils ont parcouru pour y parvenir. Il est utopiste de penser que la parution de leur guide pratique s’est faite du jour au lendemain.
Vous connaissez la phrase « on ne peut pas comparer l’incomparable » ? Elle s’applique parfaitement au cas des auteurs débutants qui se comparent aux écrivains confirmés et multipubliés.
De plus, les réseaux sociaux sont trompeurs. Ce n’est pas parce qu’on vous montre l’image d’un auteur épanoui brandissant son livre dans un post Instagram qu’il s’agit d’une réalité absolue. Les auteur.rice.s ont certainement traversé des périodes de doutes et de remise en question, sauf que nous avons rarement l’occasion de voir de telles photos.
Alors… Arrêtez de vous comparer.
Se comparer
Oui, c’est paradoxal. Mais ici je vous propose de vous comparer de manière constructive.
C’est en observant les autres que nous progressons sur nos pratiques. C’est valable dans tous les domaines et pour toutes les disciplines.
Dans le sport, la politique, les arts, la musique… Qui n’a jamais eu de modèle ?
Observez et notez :
- Ce que vous aimez sur la forme de leur livre
- Les passages du livre que vous avez particulièrement appréciés et pourquoi
- La structure qui tient les idées
- Le style dans lequel l’auteur ou l’autrice s’adresse aux lecteur.rice.s
- Tout ce que vous avez moins apprécié
Alors, comparez-vous, mais de manière constructive.
Dépasser les stéréotypes
Les femmes sont plus touchées par ce syndrome de l’imposteur, alors même qu’elles ont des compétences équivalentes ou supérieures à celles des hommes. Les injonctions de la société concernant le statut de la femme depuis que le monde est monde ont induit ce sentiment d’imposture chez elles.
Est-ce qu’une femme est moins en capacité intellectuelle de réussir à écrire un livre qu’un homme ? La réponse est évidente.
Alors, dépassez les stéréotypes liés au genre.
Se former
Le manque de formation conduit au manque de compétences. Cela peut être en partie responsable du manque de légitimité.
Par « se former », j’entends :
- Lire des livres ou la presse spécialisée dans votre domaine pour faire grandir votre expertise
- Écouter des émissions ou des podcasts pour être à jour de vos connaissances
- Vous ouvrir aux sujets connexes à votre spécialité pour élargir l’horizon
- Vous former auprès d’écoles ou de professionnels de qualité
Alors, formez-vous en continu.

S’entourer des bonnes personnes
Il est toujours plus facile d’avancer si on est entouré de personnes qui nous soutiennent dans notre objectif. À mon sens (mais je peux me tromper), soutien n’est pas synonyme de gentillesse. Bien évidemment, il n’est pas question de méchanceté, mais le fait de soutenir une personne dans son projet ne signifie pas de lui dire uniquement : « c’est bien », « bravo », « oulala, qu’est-ce que c’est joli ». Pour avancer, tout le monde a besoin :
- D’encouragements sincères
- D’honnêteté
- De retours constructifs
Où se trouvent ces personnes pour vous entourer ?
- Dans votre entourage proche pour vous soutenir chaque jour
- Dans des groupes d’auteurs et d’autrices qui traversent les mêmes interrogations
- Dans un collectif d’entrepreneurs ou de professionnels
Grâce à cet entourage, vous pourrez alors dépasser le sentiment d’imposture ou recadrer votre projet si vous allez dans la mauvaise direction. Le partage de connaissances et les retours constructifs vont vous aider à avancer.
Faire semblant pour oser
Vous connaissez l’expression « prendre son courage à deux mains » ?
L’un des moyens pour y parvenir est de faire semblant. Pas dans l’idée de tromper le monde, mais avec l’objectif de rassembler son énergie pour sauter le pas. C’est une façon de se donner l’assurance qui nous manque au départ. C’est la petite impulsion au démarrage qui nous pousse à l’action.
Persévérer
Qu’est-ce qui fait que certaines personnes parviennent à finaliser un projet ?
Elles sont tout simplement meilleures que les autres. Cette phrase vous choque ? Pourtant, c’est une réalité.
Savez-vous pourquoi elles sont meilleures que les autres ? C’est rarement par génie ou prodige.
Elles ont :
- Un objectif
- Un plan
- Un entourage
- Des réussites
- Des découragements
- Une capacité à rebondir malgré les difficultés
Prenons quelques exemples :
Un.e sportif.ve
- Objectif : participer aux championnats de France
- Plan : entrainements réguliers, amélioration de la technique (chrono, mouvements…)
- Entourage : équipe, entraineur, famille/amis
- Découragements : matchs perdus, blessures
- Capacité à rebondir : soutien de l’équipe, conseils du coach, visualisation de l’objectif, rééducation
Un.e musicien.ne
Objectif : concert dans une salle de 2000 places
Plan : répétitions régulières, amélioration des techniques (harmonie, rythme…)
Entourage : groupe, coach musical, famille/amis
Découragements : représentations moyennes, séquences musicales « ratées »
Capacité à rebondir : soutien du groupe, orientation du coach, visualisation de l’objectif
Un.e auteur.rice
Objectif : terminer un livre ou un guide pratique
Plan : connaissances des étapes d’écriture, planification, pratique de l’écriture
Entourage : collègues, groupe d’entrepreneurs, conseiller en écriture
Découragements : plan déstructuré, manque de clarté
Capacité à rebondir : conseils rédactionnels, soutien de l’entourage, visualisation de l’objectif
Voici ce que je pense : personne n’a jamais écrit un livre grâce à un coup de chance. Cela n’existe pas. Peu importe le format que vous souhaitez écrire. Il s’agit bien d’effectuer un travail pour atteindre votre objectif, avoir un plan, s’entrainer, se tromper, écouter les conseils, recommencer et y arriver.

Avoir un plan contre le syndrome de l’imposteur
Quel est votre plan ? Par où commencer pour l’écriture de votre livre ou de votre guide pratique ? Dans la newsletter, je vous propose des exercices pour vous aider à structurer le plan de votre livre.
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Ressources :
Vidéo « l’estime de soi » par Et tout le monde s’en fout
Rediffusion émission radio « Le syndrome d’imposture chez les femmes (et chez les hommes) » par Grand bien vous fasse sur France inter
Livre « l’Estime de soi » par Christophe André et François Lelord

