
Et si trouver le temps d’écrire n’était pas seulement un problème d’organisation ? La création d’un livre est un projet ambitieux qui nécessite un espace important dans l’emploi du temps de l’auteur. Chercher les heures nécessaires que l’on va consacrer à la rédaction d’un guide ne va pas se trouver au coin d’une rue. Quand bien même nous trouvons ce temps, est-ce une certitude qu’il va être utilisé comme on le voudrait ? Alors, comment faire sans culpabiliser ? Et par quel bout attraper le problème principal des personnes qui veulent entreprendre l’écriture d’un livre pratique ?
Le temps d’écrire : mythe ou réalité ?
Mises en garde à propos du temps.
La première des choses est de faire attention aux nombreux clichés qui entourent la problématique des créateurs à propos de « trouver du temps ». Avoir le temps ne signifie pas pour autant que l’on va l’utiliser pour notre livre. Pourquoi ? Certainement parce que les projets de grande envergure sont parfois difficiles à initier ou à faire avancer sur le long terme. Re-pourquoi ? Peut-être parce que nous n’avons pas de certitude sur leur finalité.
L’autrice et l’auteur doivent également être vigilants à la comparaison. Les témoignages de celles et ceux qui disent avoir écrit un livre en 2 jours sont rarement le reflet de la réalité.
Il est utile de se prémunir des recettes toutes faites. Il n’existe pas de méthode unique pour trouver le temps d’écrire (même si c’est très attrayant). De la même manière que pour cuisiner, il existe une recette de base et autant de façons de l’adapter qu’il y a d’individus. Il est bien sûr possible de s’organiser pour écrire puisque d’autres l’ont déjà fait, mais la solution n’est pas de copier-coller une pratique rigide.
Attention à mettre de la nuance sur les conseils que l’on peut trouver à propos de l’organisation : avoir de la volonté, prioriser, s’organiser… Tout cela aide, c’est vrai. Mais manquer de temps ne signifie pas forcément qu’il s’agisse d’un manque de volonté, d’un défaut dans ses priorités ou d’une absence complète d’organisation.

Chercher et trouver les heures nécessaires pour un projet d’écritures
Trouver le bon moment
Le bon moment n’est pas forcément maintenant. Différer un projet ne signifie pas pour autant que vous allez l’abandonner.
Parfois, il faut se rendre à l’évidence que l’écriture n’est pas la priorité pour les raisons qui sont les vôtres.
Dans ce cas, ouvrez un dossier ou un carnet et notez-en vrac toutes les idées que vous avez pour votre projet de livre. Cela permet de décharger son cerveau et de passer à autre chose pour mieux y revenir plus tard.
Aérer un quotidien surchargé, mais attention aux sacrifices !
Voici ce qu’il est possible de voir comme conseils pour trouver du temps : « Pour réussir votre projet, vous devez sacrifier une activité au profit de votre objectif ». Je trouve cela très rude ! La notion de sacrifice signifie alors que nous abandonnons une activité qui nous procure du plaisir. C’est frustrant donc probablement inefficace.
Plutôt que de sacrifice, on peut identifier les activités chronophages qui ne sont pas satisfaisantes et réduire le temps que nous leur consacrons.
Déterminer l’important et l’urgent
La matrice d’Eisenhower est une méthode qui sert à déterminer les priorités et qui aide à organiser ce qu’il est important de faire, de déléguer, de différer ou d’éliminer. Cela peut être une bonne approche pour qui veut trouver le temps d’écrire un guide pratique, peu importe le nombre de pages.
Pour prioriser, la matrice explique qu’il faut lister :
- L’urgent et l’important : à effectuer rapidement
- L’important et non-urgent : à programmer (souvent, c’est ici que se place la rédaction d’un livre)
- L’urgent et non important : à déléguer
- Le non-urgent et non-important : à réduire ou éliminer
Le miracle morning (et ses aménagements)
Le miracle morning est une méthode qui a beaucoup de succès ces dernières années. Le principe est simple, il faut se lever plus tôt pour :
- effectuer une activité plaisante pour profiter pleinement de sa journée
- réaliser une tâche qui permette de faire avancer un projet.
La technique semble efficace, mais il peut être culpabilisant ou difficile à mettre en place.
Pour les personnes qui ne peuvent pas se lever plus tôt, soit parce qu’elles se réveillent déjà très tôt, soit par impossibilité physiologique, il est possible de remplacer le mot « morning » par n’importe quel autre moment de la journée. Par exemple, écrire une heure après le repas du soir et avant de lancer une série Netflix.
La pause repas
Certaines personnes ont une pause repas de 2 heures, ce qui est assez important et qui peut ressembler à un « temps mort ». Pourquoi ne pas consacrer une partie de cette pause à l’avancée du projet de livre soit en écrivant, soit en effectuant de la recherche documentaire ?
La résidence d’écriture
Les écrivains de fictions utilisent cette méthode pour se consacrer à l’écriture sur un temps donné. Seuls ou à plusieurs, dans un endroit déterminé, ils travaillent plusieurs jours à l’avancement de leur projet.
S’isoler pour écrire sur un temps défini peut-être une bonne solution pour avancer de manière importante. Cependant, il n’est pas forcément possible pour chacun d’avoir cette opportunité.
Mais en suivant ce même principe, on peut imaginer bloquer quelques jours pour l’écriture, sans autres projets que celui-ci. Cela nécessite une organisation en amont, d’où l’intérêt de programmer cette cession bien à l’avance.
Fixer une échéance de travail
Si l’on décide d’aménager son temps pour l’écriture, on peut être découragé à la perspective de modifier son mode de vie de manière durable. Reprenons l’exemple du « miracle morning ». Si l’on prend la décision de se lever à 5 h 30 tous les matins, la motivation des premiers jours va laisser place à la difficulté de continuer (c’est humain). En revanche, si l’on pose une date de fin sur le calendrier, alors cela sera peut-être plus simple de s’extraire de son lit en se disant que cela ne va durer que deux semaines.
Réduire les taches chronophages
Trouver ce que l’on peut changer dans sa façon de travailler peut faire économiser des minutes. Voici une liste (non exhaustive) de ce qu’il est possible de faire pour alléger son quotidien et se dégager du temps :
- Gérer ses mails une ou deux fois par jour uniquement
- Chronométrer son temps sur les réseaux sociaux
- Programmer ses posts sur les réseaux sociaux
- Réduire le temps de réunions
- Ne pas dire oui à tout
- Déléguer ce qui est possible
Trouver le bon rythme de travail
Pour trouver son rythme de travail, il est utile de :
- tester différentes méthodes
- chercher ce qui nous convient le mieux
- identifier ce qui ne marche pas pour nous
Un « bon rythme » est quelque chose de personnel et d’évolutif. Ne culpabilisez pas de ne pas « réussir » à appliquer telle méthode ou à suivre tel conseil.
Rester concentré dans un flux créatif
La notion de flux créatif a fait l’objet des recherches psychologiques et scientifiques.
Lorsque l’on créer, notre cerveau est focalisé sur notre action jusqu’à oublier ce qui l’entoure. Nos pensées sont entièrement dédiées à l’écriture. Avez-vous eu la sensation de ne pas voir le temps passer ? Il s’agit de cela.
Les auteurs du livre la 25ème heure parlent d’un « tunnel de concentration ».
Le flux créatif permet de s’isoler dans une bulle et de se consacrer pleinement à un projet. Il est possible de créer les conditions pour arriver à cet état de flow.
Comment passer en « mode flux créatif » et ne pas s’interrompre ?
- Créer son environnement auditif : silence, bruit, musique…
- Mettre les notifications sur silence
- Prévenir les autres de votre désir de ne pas être dérangé
- Prévoir une liste pour noter les idées parasites à traiter plus tard

Avoir on non des routines
Mettre en place une routine d’écriture peut également aider à avancer. En déterminant un temps à consacrer par jour ou par semaine à l’activité d’écriture, cela permet de progresser petit à petit sur son projet.
On peut avoir l’impression que la routine est insuffisante, mais il faut prendre du recul afin de voir la globalité :
30 minutes par jour = 3 h 30 par semaine = 14 heures par mois = 168 heures par an soit presque 5 semaines de 35 heures consacrées à l’écriture.
Comme nous l’avons vu plus haut, tout le monde n’a pas l’envie ni la possibilité d’aménager son quotidien. Alors, si l’on essaye en version hebdomadaire, cela peut donner ceci :
Une demi-journée par semaine (soit 4 heures) = 16 heures par mois = 192 heures par ans soit plus de 5 semaines de 35 heures consacrées à l’écriture.
Planifier des actions
En planifiant nos actions, nous avons une sorte de feuille de route à laquelle nous référer pour :
- Visualiser son objectif final et les paliers intermédiaires
- Évaluer la progression
- Valider ses actions
Il est important de planifier chaque tache en fonction du temps disponible et de la concentration nécessaire pour sa réalisation.
Une tâche achevée libère de la place dans le cerveau. On peut alors avancer avec satisfaction vers une autre action.
Préparer sa prochaine séance de travail
Préparer une séance de travail permet de s’y mettre directement. On sait tout de suite par où commencer et on gagne du temps.
C’est tout l’intérêt de planifier les actions. Il faut alors programmer et noter dans son agenda le contenu de la prochaine séance de travail. De cette manière, quand on ouvre son ordinateur ou son cahier, on débute tout de suite.
Dire non
Ici, il s’agit de faire passer son objectif personnel avant celui des autres.
Il n’est pas toujours simple de dire non. Mais c’est nécessaire pour trouver le temps d’écrire. Il n’est pas question de rejeter les gens, mais il faut être ferme et expliquer que l’on ne peut pas consacrer de temps à telle ou telle chose qui ne vous satisfait pas et à laquelle vous n’avez pas envie de vous consacrer pour le moment.
Se reposer
Inutile de travailler épuisé‧e. C’est vraiment contre-productif et vous risquez d’être obligé de reprendre complètement votre travail. Reposez-vous et différez pour quand vous aurez un esprit clair et motivé.
Tester et réadapter
Le seul conseil à suivre, c’est de tester, d’évaluer et de réadapter pour trouver le mode de fonctionnement qui vous convient.
Et il ne faut pas hésiter à effectuer des changements. Vous ne ferez pas la même chose en fonction des saisons ou de vos périodes de vacances par exemple.

Tenir sur la durée
S’entrainer
Écrire est une activité qu’il est nécessaire de maintenir sur la durée pour finaliser chaque action qui va servir le projet global.
Vous avez peut-être tendance à critiquer votre travail en le jugeant insatisfaisant. Ne dépréciez pas une séance de travail. Chaque session d’écriture prépare la suivante, c’est ce qu’explique Martin Winckler dans ses ateliers d’écriture.
L’écriture est un cycle d’apprentissage. Plus on pratique et plus on gagne en rapidité et en fluidité.
Personne ne demande à un débutant en dessin de tracer des courbes parfaites et à main levée au premier coup de crayon.
Il ne faut pas se décourager ni se dire que c’est trop long. L’écriture est un exercice. Comme toute pratique, elle nécessite de l’entrainement. Au fur et à mesure, vous allez gagner en rapidité sur votre clavier et dans l’organisation de vos idées.
S’entourer
Avancer à plusieurs est parfois efficace pour initier un projet et tenir le cap. Avec un binôme ou en groupe, il existe différentes manières de s’entourer des bonnes personnes :
- Ateliers d’écritures
- Rendez-vous de travail avec des personnes en cours de projets
- Groupes en ligne ou en présentiel (hors pandémie)
S’engager
S’engager auprès de soi, se fixer un objectif concret, se faire une promesse peut pousser à garder la motivation sur la durée.
S’engager auprès des autres peut aussi être un moteur dans l’avancée et la finalisation d’écriture de votre livre.
Se récompenser
Le cerveau aime savoir qu’il y a un cadeau après l’effort. Mettre un système de récompense final et des petits cadeaux le long du parcours peut aider certaines personnes à tenir la distance.
Non à la méthode unique
J’espère que ces quelques pistes de réflexion pour faire de la place dans votre quotidien vous seront utiles. Encore une fois, il n’est pas question de culpabiliser de ne pas suivre une méthode unique. Trouvez les principes qui s’appliquent à votre cas particulier. Si vous avez besoin de faire le point sur votre projet de livre pratique, n’hésitez pas à me contacter !
Sources pour cet article :
GUENIAT, Julien. 2 heures chrono pour mieux m’organiser. Dunod.
DECLAIR, Guillaume, DINH Bao, DUMONT Jérôme. La 25e Heure: les secrets de productivité de 300 startuppers qui cartonnent. Auto-édition.
LEVESQUE-BRIANCEAU. Anne-Sophie. Mon cahier super organisée. Solar.
LAIGNEAU, Pauline. Podcast Le Gratin. Comment gérer plusieurs activités en même temps sans se sentir submergé ? Épisode #leçon 19
CSIKSZENTMIHALYI, Mihaly. Vidéo sur le flux. TED.
SERVOS, Guillaume. Article L’essentiel du livre Flow de Mihaly Csikszentmihalyi.
CAZAUBON, Anne. Vidéo Comment gagner du temps avec la matrice d’Eisenhower ?
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